Le vol de l'enfance Dans le jardin où les rires s'épanouissaient, Les fleurs dansaient sous le souffle des vents, Parmi les rêves innocents, j'évoluais, Un monde de lumière, un monde d'enfants. Mais la vie, en silence, a tissé des ombres, Dans le ciel éclatant, une tempête se lève, Les jouets oubliés, les poupées qui sombres, J'ai pris la route, où l'enfance s'achève. Les éclats de voix, les éclats de bonheur, Se sont tus lentement, comme un chant éteint, Les jours se succédaient, pleins de douleur, Le poids de l'absence m'a fait grandir trop bien. Sous le ciel bleu, j'ai appris à cacher, Les larmes qui coulaient, les peines enfouies, Endossant le rôle que le destin a tracé, Enfant devenu sage, dans un monde meurtri. Les rires d’hier, sur les lèvres, se fanent, Les jeux de société rangés, à jamais, J'ai troqué mes rêves contre des lendemains, Où l'espoir vacille, où le temps m'achète. Les jours de pluie, je les prends comme un farde...
À petit feu Dans l'ombre douce où le silence danse, S'éveille une douleur, une étrange essence, Chaque jour se lève, terni par la brume, Un cœur qui s'effrite, un esprit qui s'allume. Les mots murmurés, comme des feux de paille, Se consument lentement, dans l'ombre du détail, L'amour s'évanouit, tel un souffle léger, Et le regard se perd, dans un abîme figé. Les promesses d'hier, comme des feuilles mortes, S'envolent dans le vent, à la dérive, elles sortent, Les rires s'estompent, comme un souvenir flou, Dans ce vide immense, où l'on se sent à bout. Une larme à la fois, la tristesse s'invite, Elle ronge les entrailles, elle devient une suite, Chaque geste banal, chaque sourire en vain, Nous rappelle ces jours où l'on se tenait bien. Les souvenirs brûlants, comme des braises cachées, Réchauffent un cœur qui ne sait plus aimer, Les regards furtifs, les silences pesants, Teintent notre quotidien de couleurs du néant. On se lève le mat...